Greta Thunberg Ambassadrice de conscienceLa jeune suédoise Greta Thunberg, activiste environnementale et initiatrice du mouvement de grève étudiante « Un vendredi pour le climat » vient tout juste de recevoir le plus prestigieux prix que décerne Amnistie Internationale : Ambassadrice de conscience. Les membres de la Maison Orléans qui étaient présent-e-s à notre réflexion de Pâques se souviendront que c’est précisément sur les propos inspirés de cette jeune environnementaliste que portaient nos réflexions.

Or ici au Québec comme ailleurs dans le monde, l’urgence d’agir en environnement s’impose de plus en plus. Il n’est plus question ici de se contenter de paroles creuses et de vœux pieux pour soulager le mal infligé à nos enfants par le truchement d’une surexploitation des ressources naturelles et par nos comportements de surconsommation. Ce sont ceux et celles qui devront habiter cette terre bouleversée par nos choix de vie qui s’imposent actuellement comme sonneurs et sonneuses d’alarmes. Et ils ne semblent pas parti-e-s pour se taire !

Les jeunes parviendront-ils à imposer leur agenda de lutte aux changements climatiques ?

Si les reconnaissances risquent de se multiplier pour la jeune Greta Thunberg (on peut miser fort sur un prix Nobel de la Paix !), il n’en demeure pas moins que les jeunes qui tentent d’imposer leur agenda pour remuer notre conscience environnementale font face à une opposition organisée de ceux et celles qui aimeraient bien les faire taire, question de nous garder sur la voie de la croissance économique, du capitalisme aveugle et surtout… de la protection des plus faibles.

Parce que c’est bien à notre humanisme, notre humanité, que s’adressent les jeunes qui tentent de nous remuer actuellement pour que nous modifions de façon importante nos comportements et notre mode de vie aux impacts négatifs pour les changements climatiques. Quand dans son discours Greta Thunberg nous met face à notre incohérence entre nos propos et nos actions, c’est notre propre volonté qu’elle remet en question pour traduire notre amour pour nos enfants et la terre qui les accueille.

Vous dites aimer vos enfants plus que tout, pourtant, vous volez leur futur devant leurs yeux !

Or des voix s’élèvent pour miner la crédibilité et saper les efforts de la jeune suédoise. Des voix qui trouvent même écho ici, au Québec, alors que le chroniqueur de droite du Journal de Montréal Mathieu Bock Côté est allé de coups de semonces dans sa chronique où il appelle sans gêne Greta Thunberg à retourner sur les bancs d’école et laisser aux grandes personnes les considérations de lutte aux changements climatiques. Voici l’extrait :

Non pas que la cause du climat ne soit pas essentielle. Au contraire. Et c’est justement pour cela qu’elle doit être portée par le monde des adultes.

Le combat pour le climat ne devrait pas se transformer en croisade des enfants. L’enrôlement d’une jeunesse par définition impressionnable et spontanément fanatique devrait nous inquiéter.

Un engagement à prendre « en adulte » et non « entre adultes »

Il ne sera pas étranger aux travaux de la Maison Orléans ce thème de protection de l’environnement et d’engagement personnel envers un retour à la dignité pour la planète et ses ressources. La place des enfants, dans cette terre qu’ils nous prêtent, doit être au cœur des alarmes, malgré que leurs voix soient si réalistes et justes qu’elles sont intolérables à entendre dans l’injection de culpabilité que nous pouvons ressentir par le leg que nous leur préparons. Or être adultes, c’est entendre les cris et les pleurs des enfants, savoir où se trouve ce qui blesse plutôt que faire la sourde oreille. S’enfouir la tête dans le sable (bitumineux ?) ne réglera rien.

Spiritualité et harmonie avec la terre et ses biens

Notre spiritualité doit s’harmoniser plus que jamais avec le respect de ce que nous avons comme grâces : grâces de nature, de fruits, de graines, d’air, d’eau, de beautés, de ce miracle perpétuel (si on peut encore l’espérer) qu’est la régénérescence fantastique des cadeaux de ce monde, dans un cycle que nous avons le devoir de ne pas enfreindre. Pour le chrétien, juif, protestant, ce Dieu qui vit que « cela était bon » peut-il croire en un respect de sa Création ? Pour les peuples des premières nations dont le Grand Esprit a demandé aux animaux de plonger dans les eaux originelles pour en ramener la boue dont la terre fut façonnée, il est clair que notre pillage de ressources n’a rien d’une communion avec la terre. Chez les bouddhistes, le deuxième précepte : «Je m’engage à pratiquer la générosité… Je suis déterminé à ne pas voler et à ne rien posséder de ce qui appartient aux autres. Je respecterai la propriété des autres mais les empêcherai de s’enrichir aux dépens de la souffrance humaine ou de la souffrance des autres espèces sur terre ». Chez les Musulmans, dès la sourate «La Vache», l’exhortation commence [s. 2, v. 60] : « Mangez et buvez des dons que Dieu vous a octroyés ; ne semez pas le trouble sur la Terre ! ». 

Il n’est pas de spiritualité qui ne puisse se vivre sans une communion réelle avec la terre. Sans cette harmonie, cette capacité spirituelle de faire « un » et « une » avec tout le vivant qui nous entoure, duquel nous sommes partie, et incidence. C’est une prière en soi que de respecter la terre, c’est une méditation que de poser consciemment notre regard sur ce qui nous entoure et mérite notre gratitude.

 

Catégories : Les carnets

Communications - Rédaction

Martin Comeau est responsable des communications et du financement dans l'équipe de la permanence de la Maison Orléans.

Commenter cet article

X