Le dialogue : clé du vivre ensemble

Le dialogue est présenté comme une conversation fondée sur la confiance et la réciprocité. Le dialogue est beaucoup plus qu’un échange de renseignements ; le dialogue authentique purifie toutes les parties de leurs préjugés, leur permet de s’éclairer mutuellement et de partager leurs intuitions spirituelles. Dans le dialogue, les partenaires peuvent être amenés à témoigner de leurs propres convictions religieuses. Or, bien que le dialogue ne vise pas à masquer sa portée universelle, pour conserver sa noblesse et la dignité de chacun, il exclut toute tentative en vue de faire des prosélytes- tout effort de persuader un partenaire dans le dialogue de changer d’affiliation ou de croyances religieuses.

Les gains du dialogue, de l’écoute et de la vision juste

À lui seul, le dialogue véritable transforme la conscience religieuse et spirituelle à l’intérieur de chacune des traditions. Dans le dialogue, nous sommes invité-e-s à approfondir notre engagement réciproque de foi et à répondre avec une sincérité toujours plus grande à l’appel du vivre ensemble. Telle est la conversation à laquelle sont convié-e-s chacune et chacun des partenaires du dialogue.

De cette façon la vision spirituelle de chacun se trouve à entrer dans une démarche évolutive de la perception (ou non) du divin au cœur de notre recherche commune de sens.

Frédéric Lenoir, 4e de couverture

L’histoire de l’humanité porte la trace vivace d’hommes et de femmes appartenant aux

horizons culturels les plus divers les plus divers qui affirment avoir fait une expérience radicale de l’absolu. – Frédéric Lenoir, Ysé Tardan-Maquevibier,  Sagesse et spiritualité

Ysé Tardan-Masquelier

Quel que soit le nom donné à cet absolu, qu’il soit perçu comme personnel ou impersonnel, matériel ou immatériel, tous témoignent d’une expérience unique qui a donné sens dans leur vie. Sages, taoïstes, hindous, ou bouddhistes, philosophes grecs et romains, mystiques juifs, chrétien ou musulman, chamans indiens ou agnostiques modernes touchés par une transcendance, ils refusent toutes et tous de s’en tenir à une vision purement matérialiste de l’homme et du monde qui l’accueille et l’entoure. L’être humain évoque et convoque cette expérience intérieure qui conduit inéluctablement vers une transformation de son être.

Depuis la nuit des temps, l’être humain a voulu donner du sens aux événements marquants de sa vie.

Un dialogue inclusif

Dans le respect de ce qui précède et qui en est le préambule, la spiritualité de notre Maison devrait s’inscrire dans une posture et un dialogue inclusif, peu importe la croyance, la confession religieuse, l’absence de croyance, l’identité de genre ou la nationalité. Nous en profitons ici pour affirmer l’importance de l’accueil des communautés LBGTQ+ au cœur de nos valeurs d’accompagnement, d’écoute, avec un amour et un partage sans distinction.

la spiritualité de notre Maison devrait s’inscrire dans une posture et un dialogue inclusif, peu importe la croyance, la confession religieuse, l’absence de croyance, l’identité de genre ou la nationalité.

Le vivre ensemble doit dépasser la tolérance[1] pour être plutôt l’épanouissement d’une relation naissante et évolutive de chacun et chacune. Accueillir l’autre sans lui accoler une distinction, et sans condition, c’est là tout l’essence que doit contenir et représenter notre démarche. Il est de notre responsabilité de trouver en chacun de nous ce qui nous unit et de ne plus agir sur ce qui nous divise. Peu importe nos allégeances politiques, nos convictions religieuses ou sociales, une chose nous est commune, nous avons tous un pardon à faire, ou à accorder, et nous souhaitons éviter de souffrir et trouver le bonheur et la paix.

Dorothy Day, 1934

 « Nos sociétés sont plus souvent basées non sur le leadership de serviteur, mais sur le modèle commun de domination et de contrôle qui produit le racisme, la lutte des classes, le sexisme, la recherche du pouvoir et l’inégalité des revenu. » –   Dorothy Day 1897-1980

Ainsi, qu’on soit bouddhistes ou musulman, juif ou chrétien, hindouiste ou taoïste, peu importe la croyance, il existe malheureusement dans toutes les religions des factions radicalisées qui portent ce sentiment de cristallisation, de durcissement, une radicalisation causée par l’ignorance et par un repli spirituel, le communautarisme, de certain-e-s pratiquants. Voilà, l’ennemi commun de tous, et de l’union fraternelle.

Nous ne ferons pas ici le procès de nos croyances et de nos confessions. Il faut cependant admettre que notre vision de ce monde que nous voulons transformer suppose une implication : l’ouverture franche. Sans celle-ci, l’espérance que nous portons et qui languit depuis des millénaires continuera de demeurer au stade de l’espoir. C’est dans un esprit de dialogue et d’humilité, d’amour et de solidarité que nous devons consentir aux questionnements dans un processus qui favorise la connaissance et la reconnaissance de l’autre. Créer un milieu sécurisant où la confiance peut prendre racine, en additionnant plutôt qu’en soustrayant. Favoriser la créativité qui engendre la vie dans une justice de paix, de partage et d’espérance, voilà notre mission.

Ensemble nous ne possédons pas le monde, mais nous pouvons participer à le rendre plus beau » dit un sage moine peintre japonais Kao époque Namboku-chô-1333-1392.

Souhaiter rendre ce monde « plus beau » est certainement ce qu’il y a de plus universel. Quelles que soient nos croyances, voire absence de croyance, nous partageons un certain nombre de valeurs, de solutions, de principes que nous pouvons mettre en commun pour participer à rendre ce monde meilleur. Voilà un aspect de la mission de notre Maison, de nos fondatrices et de leurs fondateurs : rendre le monde plus beau par nos actions.


[1] Nous déplorons et nous nous opposons à l’utilisation du terme « tolérance » pour référer à la capacité d’un individu ou d’un groupe à vivre aux côtés d’un-e autre. Nous estimons que ce mot a une signification péjorative, s’approchant davantage « d’endurer » une souffrance ou quelque chose qui nous dérange, ce qui ne saurait convenir à décrire un geste d’accueil positif, amical et chaleureux à l’endroit d’un-e autre personne ou d’un autre groupe.

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