Symboles religieux : ajouter plutôt que soustraire

Un texte de Communications - Rédaction le

Diversité et interreligieux

Dans la foulée du débat qui a actuellement cours au sujet de la laïcité et plus particulièrement de la place des symboles religieux dans l’espace publique, la Maison Orléans, de par sa mission vouée aux êtres en quête de sens, s’est sentie le devoir de nommer clairement ses orientations quant à la symbolique religieuse au sein de son espace, de ses locaux où elle accueille chaque année des centaines de visiteurs, membres et participant-e-s.

Symboles religieux, laïcité et diversité

Depuis un peu plus d’un an, toutes les instances au sein de notre organisme communautaire participent à un vaste chantier de réflexion et d’introspection afin de définir l’énoncé de la spiritualité de la Maison Orléans, telle que nous la concevons et choisissons de l’affirmer, mais aussi de la défendre, la promouvoir et la protéger, en tant qu’acteur communautaire et corporatif.

Un exercice aussi passionnant que difficile. Une tâche qui nous apparaissait comme un passage obligé, bien qu’étonnamment, on semble tarder au sein de plusieurs organisations à se doter d’un tel énoncé. Un défi que nous avons vécu avec tous ceux qui se sentaient concernés par la Maison Orléans, invité-e-s à évaluer, commenter, annoter, puis enfin s’assumer en sororité et fraternité dans l’engagement commun que nous allions poursuivre pour respecter cet énoncé spirituel, fondation de notre définition de celle-ci.

Nous n’avons eu qu’à décrire ce qui se vivait, là sous nos yeux ! – Roger Malenfant, coordonnateur

Enlevez cette croix que je ne saurais voir !

Fondée par Les Petites Sœurs de l’Assomption, Les Services Familiaux Etienne Pernet devinrent au fil du temps La Maison Orléans, désormais administrée par des laïcs et laïques et constituée en organisme de bienfaisance et de charité, dont l’histoire peut être consultée ici sur notre site Internet. Les efforts de la congrégation, dont l’engagement fait foi de l’ouverture chaleureuse, inclusive et inconditionnelle de cette communauté, n’ont jamais été teintés d’une discrimination religieuse (ou non religieuse), bien au contraire.

Que faire des symboles religieux quand on s’adresse à tous, sans discrimination ?

Rappelons-le, notre organisme s’adresse à tous ceux qui sont en quête de sens, sans égard à la foi (ou non foi), confession religieuse ou spiritualité. Les locaux de la Maison Orléans ayant été au départ une résidence des Petites Sœurs de l’Assomption, lors du lègue, on comprendra aisément que plusieurs meubles et objets de culte sont demeurés sur les lieux. Qu’allions-nous choisir, en tant qu’administration laïque, d’en faire ?

On a trouvé au sein de l’ensemble des gens consultés la même variété de sentiments et d’émotions que ceux que l’on peut retrouver dans le débat qui entoure le crucifix du Salon Bleu de l’Assemblée nationale du Québec. Ceux que la religion catholique avait déçus plaidaient le retrait de ces symboles, à l’opposée se trouvaient ceux qui tenaient à laisser vivant le témoignage de l’implication des PSA (Petites Sœurs de l’Assomption), nos participant-e-s bouddhistes, juifs et juives, musulmane-e-s, mais aussi de diverses communautés autochtones, à la spiritualité aussi variée qu’ancrée, ou encore les agnostiques ou athées, tous cherchaient à trouver aussi une solution qui unirait plutôt que diviserait.

C’est dans le bureau du coordonnateur de notre organisme que se trouvait la solution. Là où des crucifix partagent l’espace avec des statuts du Bouddha, où des instruments cérémoniaux de purification côtoient la menorah, là où la bibliothèque est d’une richesse interreligieuse et interculturelle marquante.

» Nous allons additionner au lieu de soustraire ! » – Roger Malenfant, coordonnateur de la Maison Orléans

Additionner les symboles religieux plutôt que les soustraire

À l’image de la salle de méditation de la Maison Orléans où chacun peut venir passer un moment, seul ou en groupe, de la pleine conscience laïque à la méditation confessionnelle, il a été résolu que la prise de position de notre organisme, en regard des signes religieux et ostentatoires, était de favoriser la diversité et la représentation interreligieuse, à l’image de ce que nous avons aussi adopté comme posture en regard de la définition de notre spiritualité, telle que le récent document en fait état, adopté le 19 février 2019 par le conseil d’administration de la Maison Orléans.

Une prise de position dans l’espace civile

Ce choix quant aux symboles religieux et leur présence au sein de notre établissement est une prise de position affirmée, assumée et nourrie, dont nous sommes particulièrement fières et fiers. Elle est la démonstration sans équivoque des possibles du dialogue interconfessionnel et interculturel, de la puissance de la reconnaissance du vécu spirituel de chacun, impliquant autant ceux qu’une foi anime que ceux qui sont athées et agnostiques. Elle s’inscrit aussi dans notre politique et notre mission d’un accueil inconditionnel, favorisant la reconnaissance de l’isolement des membres de la communauté LBGTQ+ dans leur recherche de rencontre, et/ou d’appartenance à une vie spirituelle, quelle qu’elle soit.

C’est avec beaucoup de fierté que nous en sommes arrivé-e-s à ce consensus, qui n’a rien d’un compromis où certain-e-s auraient l’impression d’avoir cédé. Au contraire, nous nous sentons plus que jamais uni-e-s autour d’un document qui s’exprime et s’articule dans le respect, la fraternité et la sororité, et qui prend sa place dans l’amour et l’accueil.


Communications - Rédaction

Martin Comeau est responsable des communications et du financement dans l'équipe de la permanence de la Maison Orléans.

2 commentaires

Mariette Gagnon · 27 février 2019 à 20 h 14 min

Je trouve cet article très pertinent en plus d’être l’illustration de ce que nous vivons dans la Maison Orléans. Le texte est très dynamique et il réchauffe mon cœur à l’accueil inconditionnel. J’aime beaucoup la position que l’on prend en regard des enjeux de société d’aujourd’hui. Elle illustre très bien notre spiritualité.
Merci à ceux et celles qui ont contribué à la rédaction de cet article. Je suis heureuse d’être membres de cette Maison. Mariette

    Communications - Rédaction · 28 février 2019 à 10 h 48 min

    Merci de votre beau commentaire Mariette. Chaque appui que nous avons reçu dans cette belle démarche est venu nous aider à comprendre qu’il est possible, plutôt que de considérer des situations comme des « boulets » à nos pieds, d’en faire des tremplins pour tous nous propulser, nous élever plus haut que les conflits.

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